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Le risque politique fait son retour en zone euro et inquiète les marchés. Explications avec Jean-François Gillardin, Head of Discretionary Portfolio Management à la Banque de Luxembourg.

Le projet de gouvernement italien a attisé les craintes d’un dérapage des finances publiques et mis à mal les actifs du pays sur les marchés. Le refus du Président Mattarella d’approuver ce gouvernement conduira probablement à de nouvelles élections. Après une année 2017 particulièrement calme, la volatilité a fait son grand retour en 2018. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce regain d’instabilité sur les marchés.

Le retour du risque politique en Europe, suite aux résultats des élections italiennes est une première explication. En effet, le Mouvement 5 étoiles (parti eurosceptique) et la Ligue (parti d’extrême droite) ont été les grands gagnants du scrutin recueillant les voix de la moitié des électeurs italiens. Ces deux partis s’apprêtaient même à former un gouvernement censé relancer la demande interne via une augmentation du déficit public. Les mesures phares de leur programme allaient d’une forte réduction des impôts, à la création d’un revenu universel, tout en proposant également un abaissement de l’âge de la retraite ou encore une annulation de la hausse prévue de la TVA. Toutefois, l’opposition du Président Mattarella à nommer un eurosceptique à la tête du ministère des finances a eu raison de ce projet et conduira très probablement à des élections anticipées.

Les craintes d’un dérapage des finances publiques italiennes, couplées à un éventuel renforcement des partis antisystème si des nouvelles élections venaient à avoir lieu, ont poussé les rendements italiens nettement à la hausse. Le taux à 10 ans est ainsi passé de 1.8 % à plus de 3 % au cours du mois de mai, entraînant également dans son sillage les taux de l’Espagne et du Portugal. Le marché a parfois tendance à l’oublier, mais les pays périphériques - à l’exception de l’Irlande - sont plus endettés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en 2011 lors de la crise de la dette souveraine. Selon les chiffres du FMI, l’endettement italien est passé de 117 % du produit intérieur brut en 2011 à 130 % aujourd’hui, celui de l’Espagne de 100 % à 110 % et celui du Portugal de 111 % à 121 %.

Sans le soutien de la BCE, les tensions observées ces derniers jours sur les rendements de ces pays seraient encore amplifiées. L’arrêt du programme d’achat d’actifs en septembre - qui semblait encore être une certitude il y a quelques semaines - pourrait maintenant être remis en cause.

Le manque de visibilité dans la politique menée par Donald Trump perturbe également les marchés à intervalle régulier. Ce dernier est, en effet, passé maître dans l’art des effets d’annonce. À chaque fois, la même technique est utilisée : un ton très agressif au départ, avant de petit à petit laisser la place à la négociation afin d’aboutir à un compromis. Il n’a pas agi autrement lorsqu’il a voulu imposer des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium, ou encore dans les négociations commerciales avec la Chine. Au final, le bon sens semble l’avoir à chaque fois emporté ; les décisions prises dans ces dossiers étant éloignées des revendications initiales du président américain.

Décélération de la croissance

La décélération de la croissance est un autre facteur d’inquiétude pour les marchés. Les dernières statistiques économiques montrent en effet des signes d’essoufflement plus particulièrement au sein des pays développés. Parmi ces derniers, les données de conjoncture restent toutefois bien orientées aux États-Unis mais se situaient en deçà des attentes en Europe et au Japon. Malgré un récent accès de faiblesse, les données macroéconomiques étaient quasiment en ligne avec les attentes au sein des marchés émergents.

Le même phénomène pouvait être observé pour les indicateurs avancés (indice PMI, pour «Purchasing Managers' Index», indice des directeurs d’achats). Ces derniers montrent également de légers signes de fléchissement, aussi bien au sein des marchés développés qu’au sein des marchés émergents. Dans l’ensemble, l’environnement économique reste bien orienté, même si le point haut de la croissance est probablement derrière nous.

Compte tenu de la faiblesse des rendements obligataires, nous continuons de privilégier les actions de qualité au sein de nos portefeuilles. Nous apprécions tout particulièrement les entreprises capables de générer des flux de trésorerie réguliers, faiblement endettées avec des rendements sur fonds propres élevés. Aussi longtemps que l’environnement macroéconomique restera porteur, toute faiblesse des marchés sera vue comme une opportunité de renforcer notre exposition aux actions.

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