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Les marchés émergents ont focalisé l'attention des investisseurs cet été. Les craintes de contagion ont poussé les actifs émergents à la baisse. Beaucoup de mauvaises nouvelles semblent maintenant intégrées dans les cours.
À ce titre, il n'est peut-être pas inintéressant de se repositionner graduellement vers ces actifs. Explications avec Jean-François Gillardin, Head of Discretionary Portfolio Management, dans une chronique parue dans le Luxemburger Wort du 21 septembre 2018.
Les marchés émergents ont particulièrement retenu l'attention des investisseurs cet été. La Turquie a notamment fait partie des pays dans la ligne de mire des marchés. Si la faiblesse des fondamentaux économiques était connue, la mainmise du Président Erdogan sur l'économie et les problèmes diplomatiques avec les États-Unis ont encore amplifié la crise. Par conséquent, le marché attendait une réaction forte de la Banque centrale, censée prouver l'indépendance de cette dernière, compte tenu de l'insistance du Président pour mettre en œuvre une politique monétaire plus accommodante.
Acculée par la forte dépréciation de la livre, la Banque centrale a finalement augmenté son taux directeur de 6,25 % pour le porter à 24 %, un niveau trois fois plus élevé que les 8 % qui prévalaient encore en avril. Si cette décision prouvant l'indépendance de la Banque centrale a contribué à stabiliser la livre, d'autres avancées (politique budgétaire plus restrictive, amélioration sur le front géopolitique) sont encore attendues pour regagner progressivement la confiance des marchés.
L'Argentine a vécu une situation similaire. Le pays s'est également retrouvé dans le viseur des marchés, compte tenu de la faiblesse de ses fondamentaux. Pour rappel, la troisième économie d'Amérique latine a bénéficié en juin d'un programme d'aide de 50 milliards USD de la part du Fonds Monétaire International (FMI) en contrepartie de réformes fiscales. Un premier versement de 15 milliards USD a déjà été effectué. Manquant cruellement de liquidités et voulant freiner la chute du Peso, l'Argentine négocie en ce moment un déblocage anticipé pour le paiement des autres tranches. Pour convaincre le FMI, les argentins ont déjà présenté un plan promettant le retour à l'équilibre budgétaire en 2019 et ont également relevé leur taux de référence à 60 %.
Les actifs émergents à la baisse
Les craintes de contagion ont poussé les actifs émergents à la baisse, sans discrimination quant à la qualité des fondamentaux des pays. La situation macro-économique de la plupart de ces pays est, toutefois, loin d'être aussi mauvaise que celle de la Turquie et de l'Argentine. Dans l'ensemble, les pays émergents ont, en effet, une balance courante proche de l'équilibre, des taux de croissance supérieurs à ceux des économies développées, un profil démographique plus intéressant et des niveaux d'endettement plus faibles.
Les taux réels sont également beaucoup plus élevés que ceux des pays développés, ce qui devrait tôt ou tard se marquer par un retour des investisseurs sur la dette émergente en devises locales. La correction de certaines devises apparaît également sévère ; plusieurs d'entre elles se sont notamment dépréciées de plus de 10 % par rapport à l'euro (TRY, BRL, ZAR, RUB) depuis janvier. à l'heure d'écrire ces lignes, la performance de la dette émergente en devises locales (-7,2 %) converties en euros était d'ailleurs supérieure à la baisse des marchés actions émergents dans la même devise (-6,6 %).
Un pays comme la Russie a également récemment resserré sa politique monétaire pour défendre sa devise. Si d'autres pays venaient à également relever leur taux directeur au détriment de leur croissance, ce serait de nature à rassurer les marchés. Les investisseurs pourraient à nouveau se tourner vers la dette émergente en devises locales probablement trop délaissée dernièrement, comme en témoignent les nombreux flux sortants observés ces dernières semaines. Les marchés actions émergents n'ont bien évidemment pas été épargnés par ces sorties de fonds et ont également fortement souffert depuis le début de l'année.
Le marché semble également s'être habitué aux joutes verbales entre les États-Unis et la Chine. En riposte aux nouvelles taxes douanières portant sur 200 milliards USD sur les produits importés de Chine, Pékin a mis en place, mi-septembre, des taxes sur 60 milliards USD de biens importés des États-Unis. Cette annonce n'a toutefois pas eu d'impact sur les actifs émergents, les mauvaises nouvelles concernant la guerre commerciale semblant déjà être partiellement intégrées par les marchés qui attendaient un taux de taxation plus élevé. À ce titre, il n'est peut-être pas inintéressant de tout doucement revenir sur les actifs émergents.





